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La CNIL dit non aux « portes dérobées »

Par Ruby Charpentier

Ce vendredi, la Cnil (commission nationale de l’informatique et des libertés) a dévoilé sa position concernant la délicate question des portes dérobées que les autorités de plusieurs pays souhaitent mettre en place, dont en tête les Etats-Unis, sur les produits des géants du web et du high-tech.

La CNIL dit non aux « backdoor »

La question est délicate car depuis le scandale de l’espionnage généralisé par les gouvernements, dénoncé par l’ex-consultant à la NSA Edward Snowden, de nombreux géants de l’informatique ont surfé sur la vague de la protection de la vie privée et ont conçu des produits ou des services cryptés à 100%.

Un point qui perturbe fortement l’activité des autorités désormais et qui simplifie la vie des délinquants ou des terroristes, qui n’ont plus à se cacher pour communiquer. Le dernier exemple en date et non des moindres, le cas de la fusillade de San Bernardino sur lesquel Apple et le FBI se sont écharpés. Tim Cook avait refusé d’aider les autorités en cassant son cryptage, soutenu par toute la Silicon Valley et finalement le FBI avait trouvé une société israélienne capable de casser les protections chiffrées.

La question reste cependant toujours posée, faut-il généraliser les backdoor ?

En France la situation est la même, le Procureur de Paris a indiqué : « Tous les smartphones qu’on essaie d’exploiter sont verrouillés et cryptés. C’est un gros souci qu’on a car si la personne ne veut pas donner le code d’accès on ne peut plus rentrer dans le téléphone. On a toujours un téléphone dans l’affaire Ghlam (attentat raté de Villejuif,) dans lequel on n’a pas pu pénétrer » précisant : « L’an dernier on a eu 8 smartphones qui n’ont pas pu être pénétrés ».

La présidente de la CNIL Isabelle Falque-Pierrotin a déclaré de son côté que le recours à des backdoor n’est « pas une bonne solution » et que « les effets systémiques collectifs d’un dispositif de ce type seraient extrêmement négatifs en termes de fragilisation de cette infrastructure informatique ». C’est en effet sa crainte, en permettant de casser le chiffrement pour résoudre quelques exceptions, c’est tous les systèmes informatiques qui risqueraient de pouvoir être affectés par des délinquants par exemple ou par des terroristes justement.

De plus, la vie privée ne serait plus respectée, car au départ, le recours aux portes dérobées se ferait pour les affaires de terrorisme, puis un jour à la pédophilie, au grand banditisme, au trafic de drogues, aux voleurs, dans le cadre d’affaires fiscales, pour résoudre des cas de divorces, pour recruter des salariés et un jour pour tout le monde, pour tout et pour rien…

Pour la CNIL, c’est un refus catégorique. Isabelle Falque-Pierrotin explique : « la puissance publique a à sa disposition, dans un cadre parfaitement clair et légal, accès à des données », faisant allusion aux « réquisitions, captations de données informatiques, techniques de collectes mises en place par la loi renseignement ».

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