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Gossip est désormais dans le collimateur de la CNIL et cela ne sent pas bon…

Par Ruby Charpentier

Vous avez forcément déjà dû entendre parler de l’application Gossip, mais si ce n’est pas le cas, refaisons un rapide point. Gossip est une application permettant de faire courir une rumeur sur quelqu’un à son insu, à l’ensemble de son entourage et même plus, quand les réseaux sociaux s’en mêlent…

La CNIL met en demeure l’application Gossip

Depuis les débuts de cette application controversée, voire sulfureuse, de nombreuses personnes souhaitent sa mort, invoquant la violation de la vie privée, l’incitation aux harcèlements et la possibilité qu’une rumeur stupide soit un jour la source d’un suicide ou d’un meurtre. La CNIL a décidé de se pencher sur le cas Gossip et elle confirme que cette application est coupable « d’atteintes graves à la vie privée ».

La Commission nationale de l’informatique et des libertés fait remarquer : « Une personne n’ayant pas l’application, y compris mineure, peut faire l’objet de calomnies susceptibles de déstabiliser son entourage et de lui porter un grave préjudice, sans en être informée et sans réel moyen d’action vis-à-vis de l’émetteur comme des récepteurs de la rumeur ».

Une situation inacceptable car elle est contraire à l’article 1 de la loi informatique et liberté, qui stipule que l’informatique « ne doit pas porter atteinte ni à l’identité humaine, ni aux droits de l’Homme, ni à la vie privée, ni aux libertés individuelles ou publiques ». Elle a réussi à matérialiser que des mineurs étaient impliqués dans ces rumeurs publiques, elle dispose donc d’un second argument pour entamer une action en justice.

Violation de la vie privée, collecte de données illégale, cela sent le sapin pour Gossip

Pour ajouter un autre argument dans la balance, la Commission nationale de l’informatique et des libertés a également montré que le fonctionnement de l’application Gossip était une violation de la vie privée, car l’application réalise une collecte illégale d’informations (identifiants et numéros de téléphone) afin de propager les rumeurs. En effet, la rumeur est associée à un numéro de téléphone et à un identifiant, toutes les personnes disposant de ce contact dans leur répertoire téléphonique ou sur Facebook sont ainsi susceptibles de recevoir la rumeur…même sans avoir installé l’application ! Aucun consentement préalable n’est donc proposé aux tiers.

Gossip a 30 jours pour se conformer à la loi, faute de quoi la CNIL entamera une action judiciaire qui pourrait coûter très cher à la société WMG, la société éditrice de l’application Gossip. Une amende de 3 millions d’euros est évoquée, sans compter la jurisprudence qui émanerait de ce procès que des victimes pourraient utiliser afin d’entamer eux aussi des procès contre WMG.

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cemieux

Il faut vraiment des esprits tordus et pervers pour sortir des applications aussi dangereuses !

toxeek
cemieux a dit :

Il faut vraiment des esprits tordus et pervers pour sortir des applications aussi dangereuses !

sans vouloir tomber dans le conspirationnisme à 2 euros (bon ok, je vais y tomber) : si je voulais (moi ou n’importe quelle sombre officine) criminaliser l’internet et préparer l’opinion au flicage de la toile (et faciliter l’interdiction d’autres sites politiquement peu recommandables), bah je ne m’y prendrais pas autrement. on verra bien si les millions de l’amende seront bien payés et par qui réellement.

al91

Et voilà,une fois de plus la "boite de Pandore" Facebook sert de tremplin à une application liberticide.et lui confère instantanément un pouvoir de nuisance quasi universel.

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