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Des sanctions européennes à l’encontre de Google ?

Par ludovicb

Si le quinzième anniversaire de Google a été l’occasion pour la firme de lancer une nouvelle version de son algorithme de recherche baptisé « Hummingbird » (colibri), les critiques se font de plus en plus virulentes sur sa surpuissance dans l’économie numérique. Son nouvel algorithme de recherche ne devrait pas calmer ses détracteurs tant il semble avoir été conçu pour augmenter le trafic vers ses autres services comme Google+ et YouTube.

Un nouvel algorithme… qui favorise Google+

Si Google+ revendique 500 millions d’utilisateurs, seul un quart serait actif sur le réseau social : le visiteur moyen passe ainsi en moyenne 6 minutes 47 par mois sur le réseau social contre 6 heures et 44 minutes sur Facebook. Pas étonnant quand on sait qu’une inscription sur Gmail ou Youtube engendre automatiquement une inscription à G+ mais n’en fait pas forcément un utilisateur actif. Une stratégie de synergie entre ses différents services que Google continue à maximiser. Si « Hummingbird » apporte une meilleure analyse des phrases d’une page Web et non plus l’analyse d’une seule succession de mots clés, il a aussi été développé afin de favoriser le réseau social maison. Lors d’une recherche utilisant un hashtag, le nouvel algorithme va ainsi afficher sur la colonne de droite de la page de recherche les posts Google+ liés au hashtag (pour le moment seule la version US procède ainsi). De façon assez prévisible, aucun des posts similaires de Facebook ou Twitter ne sera affiché. Une stratégie qui lui permet en tout cas d’augmenter substantiellement la visibilité de son réseau social : reste à voir si cela se traduira en utilisateur réellement actif.

Des sanctions européennes contre Google ?

Une stratégie pour Google qui lui permet encore d’accroître son emprise numérique mais qui préoccupe de plus en plus les différents pays européens. L’affaire PRISM n’ayant fait qu’exacerber ses inquiétudes : la récupération des données personnelles par les services secrets américains a poussé Angela Merkel a réitérer sa volonté de faire émerger un Google européen afin que la gestion de la problématique des données personnelles soit gérée au niveau européen. Un sujet d’autant plus brûlant que les majors du Web avaient fait la demande aux autorités américaines de pouvoir dévoiler des informations sur les requêtes de la NSA : début septembre, Reuters dévoilait que cette demande leur avait été refusée. On imagine aisément que les services secrets américains étaient peu enclins à donner trop d’informations sur les enquêtes en cours. En France, la CNIL a lancé une procédure de sanction à l’encontre du moteur de recherche pour ne pas s’être mis en conformité avec la loi française concernant sa politique de confidentialité, et ceci malgré les nombreuses relances de la commission. Des sanctions qui pourraient néanmoins être limitées, l’amende maximum de la commission ne pouvant pas excéder les 150.000 euros et l’idée de sanctions groupées entre partenaires européens semble difficile à mettre en place juridiquement. L’idée d’un accord à l’amiable semble encore une fois le plus probable.

Sur le terrain fiscal, la firme de Mountain View cristallise aussi les tensions européennes : ses techniques d’optimisation fiscale via des paradis fiscaux lui ont permis de ne payer que 2,6% d’impôt en dehors du sol américain révélait le Financial Times. En Grande Bretagne, le moteur de recherche n’a ainsi payé en 2012 que 11,2 millions de livres sur un chiffre d’affaire estimé à 3 milliards d’euros dans le pays. En France, la pression fiscale pourrait se faire de façon détournée sous la forme de la taxe sur les appareils connectés, toujours dans les tuyaux selon la ministre de la culture, mais qui devrait finalement voir le jour qu’en 2015 : une taxe qui pourrait être remaniée afin de mieux viser la firme de Mountain View.

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